Etude Grossesse et Addictions

Zoom sur les premiers résultats !

 

Grossesse et Addictions Grossesse et Addictions  Courant Juillet, le Réseau Périnatalité Hainaut et l'Association Eclat-Graa ont collaboré afin de mener une étude scientifique sur l'incidence des conduites addictives durant la grossesse.

 

Cette étude avait pour objectif de recueillir des données dans le dossier obstétrical des mères au sein des 9 maternités du Hainaut afin de noter l’impact des conduites addictives sur la grossesse et la santé du foetus.

La totalité des dossiers obstétricaux des femmes ayant accouché entre le 12 et le 18 Avril 2010 ont été étudiés, soit 201 dossiers.

Un questionnaire validé par les Docteurs DELCROIX et QUIQUEMPOIS comportant les éléments clés à recueillir lors des visites dans les maternités a fait l'objet d'un remplissage. 

 

Cette étude met en évidence que les données recueillies dépendent de la circulation et du remplissage du dossier obstétrical entre les différents professionnels intervenant au cours de la grossesse.

Une photographie de l’environnement social et obstétrical des femmes ayant accouchées durant la période déterminée pour l’étude a pu être établie.
En ce qui concerne les conduites addictives, les items concernant les consommations de produits sont plus ou moins bien renseignés au sein des dossiers obstétricaux. Le taux de remplissage dépend de la nature de la consommation.
On remarque que les produits licites comme le tabac et l’alcool sont renseignés dans plus de la moitié des cas, respectivement 78,1% et 64% des dossiers. Alors que la consommation de produits illicites est quant à elle renseignée dans moins de la moitié des dossiers (46,8%). Le remplissage de ces items et la nature des données recueillies dépendent de plusieurs facteurs (interrogation des patientes, réponses fiables ?). 
Pour comparaison, les antécédents familiaux et héréditaires ou encore les antécédents obstétricaux sont renseignés dans 90% des dossiers. Tout comme les consommations de produits addictifs, ces renseignements reposent sur les déclarations des parturientes.
L’analyse des dossiers a permis de mettre en évidence :
 25.5% des patientes étaient fumeuses avant la grossesse. Ce chiffre baisse à 20.4% pendant la grossesse. Cela signifie que 18 fumeuses ont arrêté leur consommation tabagique durant la grossesse soit 34,6%. En ce qui concerne les 65,4% de femmes qui continuent de fumer durant leur grossesse, on remarque une tendance à la diminution de la consommation durant cette période. La mesure du CO est dans la grande majorité des cas non indiquée : en effet seuls deux dossiers contiennent cette information. Même si pour le tabac la question est plus largement abordée, l’utilisation du CO testeur et la retranscription de sa valeur semble quant à elle n’être pas entrée dans les pratiques quotidiennes des professionnels. L’étude n’a pas permis de mettre en évidence un lien entre une consommation tabagique et un âge gestationnel d’accouchement plus précoce. Ceci est également le cas en ce qui concerne le poids de naissance du nouveau-né et la consommation tabagique de la mère ou encore certaines pathologies dont le risque est majoré par le tabac (Grossesse Extra Utérine, Fausses Couches, Rupture Prématurée des Membranes, Menace d’Accouchement Prématuré, Retard de Croisssance Intra Utérin). Il semblerait qu’un échantillon plus important soit nécessaire.
En ce qui concerne la consommation d’alcool, l’étude des dossiers obstétricaux a pu montrer que 64.7% des femmes déclarent ne pas consommer d’alcool avant et pendant la grossesse (=130 cas). 4.5% des femmes déclarent consommer avant la grossesse, et 1% déclarent consommer pendant la grossesse. En effet, 6 patientes consommant occasionnellement de l’alcool avant leur grossesse déclarent l'avoir stoppé à l’annonce de celle-ci. Seules deux parturientes sur les 201 dossiers analysés, déclarent consommer de l’alcool durant cette période. Une d’entre elles déclare consommer occasionnellement durant sa grossesse et une autre déclare consommer quotidiennement (à savoir 2 verres par jour). De par le faible nombre de femmes déclarant consommer, il est impossible de rapprocher le facteur alcool à l’incidence de certaines pathologies, au poids du nouveau-né, à l’âge gestationnel de naissance etc.… 30.8% des items concernant la consommation d’alcool sont non renseignés avant la grossesse et que ce chiffre s’élève 34.8 pendant la grossesse.  Comment expliquer cette différence ? Alors que l’alcool tout comme le tabac est un produit licite, comment expliquer la différence de renseignement de cet item ? Cette question est elle moins fréquemment abordée durant les consultations prénatales ? Les parturientes ont-elles moins d’aisance à se confier sur cette consommation, comment l’expliquer ?
Enfin s’agissant de la toxicomanie (terme employé au sein du questionnaire établi pour l’étude) seules 3 femmes déclarent consommer de la « drogue » avant la grossesse. Le produit et la fréquence ne sont pas indiqués au sein de leur dossier obstétrical. Une seule femme déclare consommer durant sa grossesse. Aucune indication sur le produit est inscrite dans le dossier. D'aprés le dossier obstétrical, le nouveau-né n’a pas présenté de signe de sevrage à la naissance. Il est impossible de rapprocher le facteur toxicomanie à l’incidence de certaines pathologies, au poids du nouveau-né, l’âge gestationnel de naissance etc.…
A l’issue de cette étude, on remarque des différences réelles de remplissage du dossier obstétrical en fonction des produits. En effet le tabac reste le plus largement renseigné alors que pour la question de la consommation de drogue moins de la moitié des dossiers obstétricaux étudiés le sont. Cette différence en fonction des produits témoigne-t-elle d’une aisance différente à aborder la question des conduites addictives durant la grossesse en fonction des types de produits ? Comment cela peut il s’expliquer ? Le fait que le produit soit licite ou non entre t- il en jeu ? Comment expliquer que la question des consommations de produits addictifs durant la grossesse soit moins retranscrite dans les dossiers obstétricaux que d’autres informations reposant également sur les déclarations des femmes ? Cette question est- elle moins fréquemment abordée durant les consultations prénatales ? Les parturientes ont-elles moins d’aisance à se confier sur cette consommation, comment l’expliquer ?
Ces questions ne sont que quelques pistes de réflexions non exhaustives pour une éventuelle poursuite de l’étude…